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19:45 GMT
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MEXIQUE-BIODIVERSITE:
Le Mexique veut interdire les animaux exotiques
Emilio Godoy

MEXICO, 22 juillet (IPS) - Depuis avril dernier, le Mexique a décidé d’interdire les importations d'espèces non indigènes qui représentent une menace pour l’écologie et l’économie du pays. Dans la pratique, cela revient à interdire l’importation des tortues, des grenouilles, des crapauds et de nombreuses espèces d'oiseaux.

Les magasins animaliers font de bonnes affaires avec les espèces exotiques. "La seule façon d'éradiquer les espèces envahissantes est d’interdire leur vente", estime María Elena Sánchez, chef de l'organisation non-gouvernementale Teyeliz. "Une interdiction d'importation est nécessaire pour garantir la sécurité nationale et la sécurité alimentaire", ajoute la responsable.

Les espèces envahissantes sont des espèces d'animaux, des plantes ou d'autres organismes qui sont introduites par des personnes dans un habitat étrange où ces espèces se propagent et causent des dommages. On se réfère généralement à des espèces qui peuvent rapidement s'adapter et se reproduire. Depuis le milieu des années nonante, lorsque les marchés se sont ouverts au commerce extérieur, le pays est devenu un grand importateur d'oiseaux, d'amphibiens et de reptiles. De nombreux permis ont été délivrés entre 2005 et 2010 pour importer 960.000 oiseaux sauvages. En 2009 seulement près de 239.000 espèces d’oiseaux ont été importé dans le pays. La Commission nationale pour la connaissance et l'utilisation de la biodiversité (CONABIO), un organisme gouvernemental, a identifié au moins 800 espèces envahissantes dont 600 plantes sur le territoire mexicain. Le reste fait référence à des poissons, des amphibiens, des reptiles, des oiseaux et des mammifères.

Les organisations environnementales sont préoccupées, par exemple, par la présence de la perruche moine venant du sud de l'Amérique latine. Cette perruche provoque d’importants dégâts à l'agriculture. Pendant la période 2005 à 2010 pas moins de 126.260 unités de cette espèce ont été importée dans le pays. La perruche moine s’attaque principalement au maïs, au sorgho et à des arbres fruitiers. Dans le sud de l'État mexicain d'Oaxaca, on peut en retrouver dans la nature.

En 2006, le cactoblastis cactorum, un papillon d'Amérique latine qu’on retrouve sur les îles de Mujeres et Contoy, est apparu à plus d'un millier de miles au sud-est de la capitale mexicaine. Cette chenille se nourrit du cactus qui meurt pendant ce processus.

Maladies

Le Mexique compte environ dix millions de reptiles et d'amphibiens (des tortues pour la plupart) provenant de l'étranger. Ces animaux peuvent transmettre des maladies dangereuses pour la santé de l'homme ou pour les animaux indigènes, estiment les environnementalistes.

Les gens qui achètent ces animaux importés pour les garder comme animaux de compagnie décident de les abandonner après un certain temps dans les rues, dans les parcs ou dans l'eau. Cela offre aux animaux la possibilité de se reproduire dans la nature et d’avoir une position dominante menaçant l’équilibre écologique de l’environnement.

(FIN/IPS/2010)