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DEVELOPPEMENT:
La biodiversité passe par l’agriculture
Stephen Leahy

BROOKLIN (Canada), 3 mai (IPS) - L’impact de la croissance de la population mondiale sur la diversité des espèces dépendra à l'avenir des techniques agricoles utilisées par les hommes, estiment plusieurs experts scientifiques.

En 2050, la population mondiale devrait atteindre neuf milliards d’individus, selon les estimations. Leur activité agricole exercera sur les ressources naturelles une pression qui ne manque pas de susciter des inquiétudes. Un milliard d’hectares de terres sauvages dans le monde, principalement des forêts et des savanes, devraient être convertis en cultures destinées à nourrir les populations.

D’après le rapport de synthèse sur l’Evaluation des écosystèmes pour le Millénaire (MA), réalisé pour le compte des Nations Unies, l’activité humaine a en effet un impact sans précédent sur la nature, mettant en péril ses capacité à répondre aux demandes croissantes en nourriture, en énergie ou en eau potable.

Cette étude, publiée l’an dernier, a réuni les contributions de 1.360 experts issus de 95 pays. Elle estime qu’environ 60 pour cent des services fournis par les écosystèmes sont aujourd’hui dégradés ou surexploités, comme l’eau douce ou la pêche, par exemple.

"L’avenir de la biodiversité dépendra du choix que feront les hommes pour se nourrir", explique Louise Jackson, chercheuse en agro-biodiversité à l’Université de Californie. "Si tous les Etats adoptent le modèle industriel monoculturel, l’impact sur l’eau ou les autres ressources fournies par les divers écosystèmes sera énorme", ajoute-t-elle.

Pour cette scientifique, nos sociétés doivent absolument reconnaître la valeur des services que fournissent les écosystèmes et encourager les agriculteurs à utiliser des méthodes qui permettront de conserver la biodiversité, autrement dit, l’incroyable variété d’organismes vivants présents sur terre.

Les arbres, les plantes, les insectes, les bactéries, les oiseaux ou les animaux sont autant d’espèces vivantes qui permettent, par exemple, aux écosystèmes forestiers de produire de l’oxygène ou d’absorber le dioxyde de carbone de l’atmosphère, rappelle-t-elle.

Plus les écosystèmes sont divers, plus ceux-ci sont robustes, estiment les scientifiques. Malgré la disparition d’espèces, leur fonctionnement n’est pas interrompu, mais ils réagissent comme des châteaux de cartes. Si on enlève de plus en plus de cartes, on augmente les risques d’effondrement. "Or, le bien-être et la santé des êtres humains dépendent incontestablement des services fournis par les écosystèmes", souligne Walter Reid, qui dirige le programme des Nations Unies sur l’Evaluation des écosystèmes pour le Millénaire.

Pour Louise Jackson, l’agriculture est l’un des principaux responsables de la disparition de certaines espèces. Des méthodes appropriées pourraient valoriser les ressources alimentaires et la biodiversité. "Même en Californie, où les méthodes de culture sont pourtant intensives, des solutions sont possibles", explique-t-elle. Elle cite, par exemple, la rotation des cultures, la reconstruction de la végétation ou la réduction de l'usage de pesticides et d’engrais chimiques. (FIN/IPS/2007) MDG7