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CUBA-DROITS:
Moins de prisonniers politiques, plus d’arrestations arbitraires
Dalia Acosta

LA HAVANE, 21 janvier (IPS) - Le nombre de prisonniers politiques à Cuba a sensiblement diminué l’an dernier, mais les arrestations arbitraires étaient cependant plus fréquentes, constate un rapport de la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale (CCDHRN).

En 2007, au moins 325 personnes ont fait l’objet d’une arrestation arbitraire et ont été privées de leur liberté pendant quelques heures ou plusieurs jours, indique un rapport diffusé la semaine dernière par la Commission cubaine pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale, une ONG illégale depuis 1987, mais dont les activités sont cependant tolérées par les autorités.

"Nos observations au jour le jour laissent penser que le style de répression politique a changé à Cuba. Des longues périodes d’emprisonnement, que nous connaissions encore il y a quelques années, nous sommes passés à de plus courtes durées de détention", constate Elizardo Sanchez, le président de la Commission.

Pour l’ONG de défense des droits humains, le gouvernement intérimaire – en place depuis l’annonce de l’état de santé du président Fidel Castro fin juillet 2006 – "n’a rien fait pour améliorer la situation des droits civils, politiques et économiques qui perdure depuis 40 ans à Cuba".

De leur côté, les autorités cubaines n’accordent aucune légitimé à ce genre de rapport ainsi qu’à l’organisation CCDHRN qui, selon elles, n’a aucune légalité sur l’île et n’existe que grâce au soutien financier des Etats-Unis qui imposent depuis plus de 40 ans un blocus économique vis-à-vis de Cuba.

Au 31 décembre 2007, la Commission pour les droits de l’homme et la réconciliation nationale estime que Cuba comptait 234 prisonniers politiques, soit un peu moins que ses précédentes estimations publiées en 2006 et 2005, lorsque l’ONG évoquait respectivement 283 et 333 personnes emprisonnées pour des motifs politiques sur l’île.

Parmi ces 234 prisonniers politiques, 72 sont considérés comme des prisonniers d’opinion par l’organisation de défense des droits humains Amnesty International, précise également le rapport de la Commission. Et parmi ces détenus, 59 prisonniers purgent une peine dans une prison de haute sécurité, tandis que 13 ont bénéficié d’une remise en liberté conditionnelle pour des raisons de santé, poursuit le rapport.

Pour l’organisation, "si le gouvernement cubain appliquait, sans discrimination fondée sur des raisons idéologiques, les sections 1 et 2 de l’article 58 du Code pénal qui autorisent les remises en liberté conditionnelle, plus d’une centaine de prisonniers politiques pourraient être libérés immédiatement", estime le rapport. Il n’existe aucune statistique officielle concernant la population carcérale à Cuba, mais l’ONG estime que celle-ci frôle les 80.000 détenus.

Dans les conclusions de son rapport, la Commission salue l’annonce récente faite par les autorités cubaines à propos de son intention de ratifier le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que le Pacte international relatif aux droits sociaux, économiques et culturels de l’ONU, "si la volonté des autorités est de respecter l’esprit de ces deux instruments", précise-t-elle cependant. Cette décision devrait en effet permettre une surveillance régulière de la part du Conseil des droits de l’homme, dès 2009, se félicite l’ONG. (FIN/IPS/2008)