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CHINE-JEUX OLYMPIQUES:
Pékin n’a pas lésiné sur les moyens financiers
Shinan Liu et Peter Dhondt

BRUXELLES, 1er juillet (IPS) - D’après les autorités chinoises, l’organisation des Jeux Olympiques d’été qui s’ouvriront en août a représenté un investissement global d’environ 22,5 milliards d’euros, soit bien plus que ceux d’Athènes ou de Sydney. Pour accueillir les JO, la Chine a en effet dû construire ou rénover un grand nombre de routes, d’infrastructures et d’hôtels.

Les Jeux Olympiques d’Athènes en 2004 avaient coûté près de 9 milliards d’euros à la Grèce, sans compter les investissements concédés en termes d’infrastructures dont la ville comptait de toute manière se doter. Ceux de Sydney, quatre ans plus tôt, avaient représenté un coût global de 4 milliards d’euros.

La Chine estime qu’elle aura déboursé 11 milliards d’euros en investissement direct à la fin du mois d’août, une somme qui comprend notamment la construction de 12 nouveaux stades et halls sportifs, celle d’un village des athlètes et d’un centre de presse, les coûts liés à la sécurité et aux retransmissions, ainsi que les coûts opérationnels de l’événement.

Des stades grand luxe

Les autorités chinoises n’ont en tous cas pas lésiné sur les dépenses en ce qui concerne les infrastructures sportives. Le stade national de Chine à Pékin, surnommé "Le nid d’oiseau" en raison de sa structure et qui doit accueillir la cérémonie d’ouverture ainsi que la plupart des compétitions d’athlétisme, a coûté près de 300 millions d’euros. Il a été conçu pour accueillir 91.000 personnes. Le "Water Cube", un complexe aquatique flambant neuf, a lui représenté une dépense de 140 millions d’euros, tandis que le stade de football de Shenyang, où les Belges affronteront le Brésil et la Chine, a coûté la modique somme de 100 millions d’euros.

Mais ce sont surtout les investissements indirects, qui ont représenté environ 11,5 milliards d’euros, qui ont constitué le gros des dépenses. Les infrastructures routières ainsi que l’aéroport et le métro de Pékin ou les installations électriques et de distribution d’eau ont en effet dû faire l’objet d’une importante mise à niveau et de rénovations. Les autorités ont également dû agir pour réduire la pollution dans la ville en plantant des arbres en de nombreux endroits. Toute une série d’investissements qui tôt ou tard auraient sans doute pu voir le jour, mais qui ont été accélérés pour l’accueil des Jeux.

Les gains et les attentes

Les Jeux devraient cependant être une bonne opération pour la Chine, qui a empoché 529 millions d’euros en droits de retransmission TV et 210 millions en sponsoring. A ces gains s’ajoutent également la vente de billets et de souvenirs, bien que les prix soient cependant relativement bas. Le billet le moins cher s’achète en effet 30 yuans (soit 2,7 euros) et les étudiants chinois peuvent même avoir accès à certaines compétitions pour un montant de 10 yuans (0,90 euros). Le Comité olympique chinois estime cependant que toutes ces rentrées d’argent pourront couvrir les coûts opérationnels de l’événement.

La Chine espère également profiter longtemps des retombées économiques de ces Jeux, notamment en terme d’image au niveau international. Quant aux retombées économiques de l’opération, elles ne sont également pas négligeables sur papier pour Pékin. Conséquence directe des investissements et du pic de consommation que devrait connaître la ville, son produit intérieur brut pourrait passer à 892 milliards de yuans (91 milliards d’euros), tandis que les contrats liés à l’organisation des JO ont déjà permis la création de 1,8 million d’emplois depuis 2004.

Pékin devrait également profiter durant plusieurs années des nouveaux stades, de huit lignes de métro supplémentaires et de son nouveau terminal aéroportuaire de 900.000 mètres carrés construits en prévision des Jeux. La ville devrait aussi accueillir 200 millions de touristes annuels supplémentaires par rapport aux années précédentes, dont 30 millions en provenance de Hong Kong, de Macao et du reste du monde. On estime que chaque touriste étranger devrait en outre dépenser en moyenne 666 euros dans la capitale, contre 111 euros pour le touriste chinois.

Mauvaise surprise

Mais de nombreux Chinois craignent pourtant que l’économie de leur pays connaisse un ralentissement après les Jeux Olympiques ou que ceux-ci laissent une sérieuse ardoise derrière eux, comme ce fut le cas pour la Grèce en 2004. Une telle situation serait en effet particulièrement désastreuse dans un pays où chaque yuan est durement gagné et où la pauvreté touche des millions d’individus. D’après les autorités, près de 40 millions de Chinois vivent dans la pauvreté, dont le seuil en République populaire est fixé à un revenu annuel d’à peine 60 euros. Selon la Banque mondiale cependant, le pays compte environ 300 millions de pauvres qui vivent avec moins de 1 dollar par jour, soit l’équivalent de 230 euros de revenu annuel. (FIN/IPS/2008)