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CUBA-ETATS-UNIS:
Vers la fin de l’embargo américain sur Cuba ?
Patricia Grogg
LA HAVANE, 06 novembre (IPS) -
Barack Obama, le nouveau président américain, a une image positive chez la plupart des Cubains. Ces derniers ont l'espoir que le nouveau président élu tiendra ses promesses d'assouplissement des restrictions concernant l’île communiste bien que la presse cubaine muselé par le gouvernement cubain s’est abstenue jusqu’ici de tout commentaire sur l'avenir des relations entre les deux pays.
Barack Obama, 44e Président des États-Unis qui entrera en fonction le 20 janvier 2009, sera également le premier à s'asseoir à la table des négociations avec le gouvernement cubain après près d'un demi-siècle de conflit.
Au cours de sa campagne, Obama s'est engagé à lever les restrictions de circulation de sorte que les Cubano-américains puissent rendre visite à leur famille à Cuba. Obama a également promis d'éliminer les obstacles sur les transferts de fonds afin que les individus puissent envoyer de l’argent à leurs familles - des mesures restrictives qui ont été adoptées en 2004 par l'administration républicaine du Président George W. Bush. Obama a déclaré qu'il était prêt à engager des pourparlers diplomatiques directs avec le gouvernement cubain sans conditions préalables.
« J'espère que grâce à lui, les relations seront assouplies et il n'y aura plus autant de restrictions », a déclaré une femme cubaine âgée de 62 ans qui s’est vu refuser un visa touristique pour la deuxième fois au motif qu’elle constituerait un risque pour les intérêts américains. « Mes parents, mes frères et mes sœurs ont vécu là-bas pendant des années et je n'ai jamais eu aucun problème pour leur rendre visite. Mais avec l’arrivée de l'administration Bush, je suis devenu un danger et je ne peux désormais plus voir ma mère malade qui a 92 ans », ajoute-elle en refusant de s’identifier.
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Un changement dans la politique américaine envers Cuba aurait plusieurs avantages pour la société cubaine, de l'avis du révérend Raymundo Garcia, Directeur d’un centre chrétien de réflexion et de dialogue qui suit régulièrement la problématique des droits de l’homme sur l’île. L’offre d’Obama pour « un dialogue ouvert avec Cuba » est une opportunité historique pour son pays qui espère le démantèlement de l’embargo fondé sur les principes de démocratie et de respect des droits humains.
Pour le révérend Garcia, il n'y a aucun doute qu'une nouvelle attitude de la part de Washington permettra immédiatement de contribuer à forger des liens plus étroits entre les familles divisées entre les deux pays et contribuerait à la croissance de l'économie cubaine en raison de l'augmentation des voyages et des transferts de fonds. « Si Dieu le veut, ce sera le début de la fin des récriminations réciproques, des accusations et de la méchanceté qui ont causé tant de dégâts de part et d’autres », dit-il.
Certains universitaires estiment toutefois qu'il n’y aura pas d'importants avantages économiques à court terme, notamment en raison de la crise financière aux États-Unis qui a déjà produit une baisse des envois de fonds en dehors des Amériques ainsi qu’une réduction des déplacements en raison de la montée en flèche des prix des billets d’avions.
« Sans aucun doute, la situation pourrait s'améliorer dans les prochains mois, ce qui serait un signal positif, mais pour l'instant la priorité d’Obama est d'améliorer l'économie américaine et de reconstruire le prestige de la nation », explique le professeur Omar Everleny Pérez Villanueva. Si le Congrès américain adopte des lois favorables à Cuba, il est certain qu’Obama n’usera pas de son droit de veto, estime le professeur. « Il n’a aucune raison d’en user car la ligne dure en la matière est occupée par les Républicains à qui Obama n’est en rien redevable ».
René Luis Fernández, directeur adjoint de l'Université de La Havane, reconnaît que Cuba n'est pas "une priorité" à l'ordre du jour de Washington, mais ajoute qu’une nouvelle position à l'égard de cette nation insulaire des Caraïbes pourrait « être important pour la perception des Etats-Unis dans le monde ». « De petites modifications de la politique américaine à l'égard de Cuba, un certain degré de souplesse, une ouverture des négociations diplomatiques même limitées pourraient contribuer à améliorer de manière cruciale l’image de la politique américaine qui a gravement été détériorée après huit ans d’administration Bush profondément impopulaire à l'échelle mondiale », ajoute Luis Fernández.
Jusqu'à présent, seul l'ancien président Fidel Castro a publiquement donné son avis sur les deux candidats américains à la présidence en écrivant dans un article qu’Obama est quelqu’un de "plus intelligent, plus éduqué » que son rival républicain, John McCain.
Les opinions varient parmi les groupes dissidents à Cuba. « Je ne crois pas aux chances de dialogue avec ce gouvernement [cubain] », réagit Berta Soler, membre des Dames en blanc, un groupe de femmes et de filles des dissidents emprisonnés qui ont été accusés par les autorités cubaines de "conspiration" avec les Etats-Unis. En revanche, Eloy Gutiérrez Menoyo estime que, pour Cuba, le changement à venir à Washington pourrait ouvrir un nouvel horizon et offrir de nouvelles possibilités qui pourront enrichir le dialogue avec l'Amérique latine. Menoyo est à la tête de Cuba Change, un groupe qui se définit comme un « organisme indépendant d'opposition ».
(FIN/IPS/2008)
Crédit Photo : Obama, Castro et Chavez (crédit : GloriaMundi)(FIN/2008)
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